13.04.2008
# gOnzAles et le tOgEtHEr EnsEmBlE
Je n’avais pas vu de si bon concert depuis, je ne sais pas.
Et je ne parle même pas de musique. Non même pas.
De l’énergie et du plaisir à en donner, Gonzales l’entertainer m’a pour la deuxième fois littéralement laissée sur le cul sourire aux lèvres. Où nous conviendrons que la vue et l’écoute de cet homme font oublier le reste, tout le reste. De la magie et de la sincérité.
Et shameless eyes, en vrai.
10.04.2008
# tEmpEte dAns Un VeRRE d'eAU
Questions pro et tu vas faire quoi après ça je sais pas. Ça tourne, comme si la réflexion pouvait amener une quelconque solution. Je vais jeter des bouteilles à la mer. Je ne vois pas mieux. Trouver des sous assez pour continuer j’y crois pas. Continuer autrement sans j’y crois mieux. Mais faut manger. Je ne sais pas. Je me sens toute seule et petite face à. La non envie de cette solitude là, à cet endroit. A moins que définitivement l’accepter ? Je ne sais pas si je suis capable, je crois que je n’ai pas envie, surtout. Les vieux les femmes, quand la souffrance ne donne pas de preuves physiques de sa réalité elle n’est pas rémunérable en trébuchant. Il faudrait essayer de rentrer dans leurs cases. Comment. Lesquelles. La restitution publique m’emmerde mais n’est à priori pas évitable. Je voudrais juste faire mes trucs dans mon coin. J’ai beau chercher, ça paraît impossible. J’ai la trouille un peu dégoûtée des institutions, de leur probable refus de pognon, de la mendicité prostipute à faire, de l’énergie vaine à leur offrir pour espérer peut-être, sans savoir vraiment quoi. Je ne le fais pas. Il faudrait sans doute. Ce partenariat pourrait rapporter ? Comment, qui, quoi, encore des questions. Ne sais par quel bout les prendre.
Les trois noms dans le mail de la dame. Ces trois noms de femmes et leur numéro de téléphone à côté. Qui ne m’effraient pas. L’inconscience peut-être. Ou pas. Leur malheur ne me fait pas peur. Je prends. Je n’ai pas peur de ces trois noms et des battues violées abîmées abandonnées dont ils sont synonymes. Je n’ai pas peur de leur proximité intimité. Je me fais confiance face à. Je veux prendre ça dans le ventre. J’attends le coup dans le cœur.
La prochaine fois je serais pd, tu crois que tu saurais, oui tu saurais, t’es assez près, je crois que ça me plairait de te raconter, si tu veux, enregistrer. Un peu, beaucoup, peut-être, et les mots du cahier, je veux bien t’enregistrer. Mais la trahison qui doit forcément suivre en découler me parait compliquée. Ou pas. Il faudrait (re)commencer. Laisser demain tuer hier, gentiment. Why not ?
Je m’éparpille, il faut arrêter ça. Trouver le début de la pelote. Le problème est étalé à presque tous les domaines. Tout est là, dans le désordre et je n’arrive pas à savoir par quel bout prendre les choses, par où commencer, attaquer, dérouler. Comment m’y prendre. Le début, le milieu, la fin, c’est bien mélangé. Ça. Et le reste.
D’aucuns me disent n’importe comment n’importe où l’important est de commencer. Je n’arrive pas à vouloir être d’accord. Je me raconte avoir besoin d’un début pour inventer une fin. Je ne parle pas de mots. Lui me dit il faut accepter de dire n’importe quoi dans le désordre. Je ne saisveux pas le faire là. Et pourtant, jeter les choses en vrac et faire le tri après. Je me dis que je ne sais pas et passe mon temps à ça. Tout cela paraît confus c’est très clair à la fois.
Les matins gris ou l’œil ouvert seule pèse lourd. Un regard dans la voiture et le non choix imposé aux femmes de marins. Pas grave mais parfois chiant. Je pense au ciel des bars qui n’est plus enfumé. Les femmes, les pds, l’identité, le passé déstructuré recomposé, l’habitude d’une table et le mal au dos des canapés. La légitimité, savoir où est ma place et ce truc puant qui parfois m’agresse et me renvoie au ballon prisonnier quand t’es le dernier choisi pour faire les équipes. Ce truc violent qui me rend toute petite et apeurée, incapable et honteuse l'espace de quelques minutes et puis s'en va. Petit tas d’angoisse merdeuse qui me dit t’es moins que rien, t’as rien à faire là c’est pas ta place. La panique. Je souhaiterais comprendre ce qui déclenche et apprendre à l’enrayer. Pourquoi donc est-ce que je me sens parfois soudain si misérable. Je ne sais plus qui l’autre jour parlait d’armes et en y repensant je me dis que c’est sans doute étrange de considérer un flingue comme un objet usuel. Pas plus d’émotions ressenties en tripotant un engin de mort qu’un sèche cheveux. J’ai grandi dans les balles et les fusils. J’en ai démonté remonté nettoyé utilisé. J’aurais tendance à envisager la peur des armes comme une sensiblerie à la oui-oui. Est-ce qu’on a peur d’une maladie ou est-ce qu’on la combat. Je m’en fous des flingues, c’est un faux problème. Les jeux de l’amour et de la guerre. Le mépris de soi. A développer.
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09.04.2008
# MeRCreDi
L’expo Louise Bourgeois est un peu vide et mal cousue. Sauf. Une video arte d’une cinquantaine de minutes qui pousse à s’asseoir et ne plus bouger pour écouter la dame. Un peu comme une leçon sans le vouloir et l’envie d’avoir pour revoir, encore, et encore, comme si grâce à, on allait comprendre, enfin, tout. Parce que la dame est bien plus intéressante passionnante que son travail. Récréer le passé pour s’en débarrasser, s’apercevoir qu’on en est finalement prisonnier. Mon père m’a détruite, alors j’ai bien le droit de détruire aussi. Tu me taquines, je te taquine. Où les pelures d’oranges sont parfois d’une rare violence.
Samedi nuit, j’habitais une grande maison bourgeoise logée dans les vignes et les près, du feu dans les cheminées et le froid dehors, ma fille dormait, nous avons été attaquées. J’ai buté des nazis toute la nuit, certains à la mitraillette. Dimanche soir, après une très agréable journée au coin du feu avec des gens charmants, j’ai failli mourir étouffée par l’absorption d’une trop grande quantité de gouttes pour le nez destinées aux enfants. Terrifiant. Lundi matin, pensant avoir marché dans un trou dans le bitume, puis dans un autre, je me suis retournée pour constater que le talon de ma boots droite était resté sur le passage clouté. Clopin, clopant, j’ai tout de même été chercher la presse, des clopes et du pain, mon talon dans une main, le fou rire pas loin. Hier, en un tour de main, la bague de Phédia a sauté puis roulé dans un trou grillagé du trottoir. Les fesses en l’air l’œil au trou, quelques coups de fil, un grand black apathique et souriant en blouson bleu, force est de constater, personne ne se dispute la propriété des trous de Paris.
Hier soir j’ai récupéré ma boots retalonée et, de la rue de Lille à la bnf, je me demande vaguement quelle petite chose stupide, pénible mais sans réelle gravité, va arriver aujourd’hui.
04.04.2008
# lAï lAï lAï
J’ai promis une note, sur le laï laï lama. De l’enricomaciacien laï laï laï, celui d’avant la dégénérescence sarkoshit. Et je repousse. Je me dis, t’as pas le temps. Alors que si. La flemme et surtout je fais autre chose, lire, bavarder et piapiapia avec chris darling ou dormir, par exemple, et travailler à cette vieille chose aussi, je m’y suis remise et c’est bien.
Bref. Je t’explique. Le truc c’est que je suis tellement zen vis-à-vis de tout ou presque depuis quelques temps, que. T’as qu’à voir d’ailleurs, je me sens tellement coule que je me crois riche et je me suis offert une table basse et un tapis en sus de l’aspi, lequel, soit dit en passsnt, aspire sa race à en décoller les tapisseries. Donc, à force de tenter de tirer des leçons de tout. Je regarde tout ça, l’agacement, l’affolement, la panique, l’angoisse, les énervements, de loin loin loin. Pas que je m’en foute, non, du tout même, juste le calme. Je suis très calme en dedans. Tout me parait si évident que je ne sais trop que répondre aux interrogations et angoisses de chacun. Les trucs compliqués de la vie et toussa, genre j’ai répondu à tellement de questions me concernant ces derniers temps, ou renoncé à y répondre. Du coup je suis là, comme posée un peu en retrait, épuisée pour les autres et à me demander pourquoi on se complique tant la vie quand c’est finalement si simple. Je pense à la maison des femmes et au planning, aussi. C’est bien, bien, et je suis vraiment contente d’avoir appelé, et surtout que ça marche et qu’elles soient emballées et c’est une autre façon de me réparer, plus active. Si je ne me retenais pas je serais au bord de pontifier. Et l’autre soir, avec ficelle, chris darling et kracou, on se moquait de moi avec ça, et je finirais dans le Larzac avec des clochettes partout, des jupes violettes, des tresses, des mocassins indiens, quelques chèvres, des chiens, un jardin potager et des tas de colliers autour du cou, je finirais gourou. Alors bon, gourou tu comprends c’était pas possible. Surtout à cause du pote de mon père qui est si gros, gras, barbu, tout en jean, plein de turquoises et de tête d’indien en guise de cravate et qui est tout le temps bourré. Il surnommé comme ça, le gourou. Et bon, tu vois, ce type, je lui laisserais ma gamine à garder pour rien au monde tellement il a une gueule qui me revient pas. Alors non merci, tu m’appelles pas gourou ou je t’en colle une, tout aussi zen que je sois, je peux pas, ça me dresse les poils sur les bras. In fine, le surnom s’est imposé de lui-même, je serais le grand laï laï lama. Ah ah. Dancing et méditation chichonesque, laï laï laï mon frère.
Hier soir Alela Diane et premier vrai concert pas classique pour ma petite, yeux et oreilles grands ouverts, ça lui a beaucoup plu. C’était bien, un peu long et mou, un peu mormon ou hippie, je ne sais trop. Y’a même son papa très rouflaquettes et barbu sur scène avec elle, t‘as qu’à voir. Mais c’était bien au sens joli du terme. Enfin, à l’exception des trois chansonnettes new age de la copine choriste Mary Sue. Brune raie au milieu, cheveux très longs et robe deschien col claudine, une voix de petite fille de 12 ans à peine audible, et des lalala ouhouhouh très aigus sur fond de guitare sèche, très flower power chiant. Pour un peu tu te serais cru à San Francisco il y a 40 ans. Ou chez Francis Lalanne. Trois chansons de trop où tu penses à Please kill me en te demandant pourquoi, contrairement au postulat de départ, ils n’ont pas tué tous les hippies.
C'est le deuxième café que je laisse refroidir en oubliant de le boire.
Tout le monde me le dit, fais gaffe, prends des pulls, à Paris, ça caille.
J’avais rangé mon manteau depuis plus 3 semaines.
Je voudrais voir Louise Bourgeois, et Closky, et Calle.
Et je ne connais pas le Mac-Val, donc ce serait l’occasion, une bonne raison pour se traîner là-bas. Voilà, j’ai des tas de trucs à faire avant de partir demain matin, j’avance à deux et vais encore me retrouver à courir en tous sens au dernier moment, et c’est comme ça et franchement, ça ne me pose aucun problème, je m’en fous. Je serais prête. Même pas je stresse une seconde, c’est épatant. Tu vois, je te disais, j’en reviens au laï laï lama …
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28.03.2008
# VenDreDi aGaine
Bon, alors je fais le compte, un clavier plein d’eau 25 euros, un aspi volé 115 euros, un tapis vomi 250 euros, deux parapluies 20 euros, quelques verres, et je dis : la spring party, ça me coûte cher … Du coup, le beurre à épinards des jurys d’admissions du samedi matin, c’est clairement très bienvenu.
Sinon quoi ? Sinon ça fait trois matins que dès que le robinet de la cuisine, ouvert à donf en guise de témoin, se met à couler, je laisse tout tomber à la seconde et pars illico en courant vite, vite, vite, me laver, parce que ça ne dure pas longtemps. Trois jours que je prévois trois bouteilles et le remplissage du réservoir de la cafetière avant d’aller me coucher, histoire d’être sure de pouvoir au minimum me laver les dents et boire du thé. Trois jours que je me demande pour quelle raison diable ne sommes-nous pas prévenus de ces coupures sans doute prévues. C’est petit bonheur la chance, et d’ailleurs, hier j’étais bien contente d’avoir prévu le coup parce qu’il a fallu me passer d’eau jusqu’à 18h30, et ce depuis je ne sais quelle heure mais au moins 8h puisque c’est là que je me suis levée et y’en avait déjà plus. Mon père a dit hier que la signature aura lieu fin août début septembre, je ne pourrais donc commencer à chercher une autre maison qu’à compter de là. Ce qui veut dire que je vais me cogner tous les travaux ici. Et certes, ceux qui dorment en bord de périph ont bien plus de bruit que moi. Mais bon.
Sinon deux, je viens de recommencer, j’ai encore une fois pschitté à mort mon pantalon au produit à vitres en pensant le faire au febreze. Mais c’était pas si grave parce que tout de suite après, j’ai renversé ma tasse de café dessus. Je suis une merveille d’adresse. Ça n’altère pas ma bonne humeur. Rien ne l’altère.
Sinon trois, je viens de faire tout mon couloir en sautant comme un cabri tellement je suis contente d’avoir annulé mon rendez-vous chez le psy pour rester ici à écrire des conneries.
Et en parlant de temps pour écrire je pense à cette note lue hier chez second flore, et qui débute ainsi : Ecrire n’est pas une question de temps. C’est une question d’énergie. Une énergie qu’on puise en soi, chez les autres, au bout du monde ou au coin de la rue, et parfois dans des livres. Parce que j’ai trouvé ça vrai, très.
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